Mais j'avance tête baissée. J'accélère. Je m'élance.
Je ne peux m'empêcher.
* Je ne peux m'empêcher d'enfoncer la pédale et foncer. *
Foncer, galoper, voler. Oh oui.
Pas un regard dans le rétroviseur. J'ai bien trop peur de ce que je pourrais y entrevoir. En fait, je crois que ce n'est pas de la peur, juste du dédain. Du mépris.
A quoi bon regarder en arrière ?
A quoi bon comtempler le passé ?
Ma folie me pousse, me force et m'entraîne vers l'avant.
Je n'ai le choix que d'avancer.
La route, sombre et sobre, déployée devant moi s'achève au loin en un point éblouissant.
* Les deux mains sur le volant à dix heures dix, je roule. *
Je roule vers sa perte.
Comment pourrais-je freiner ? Devrais-je freiner ?
C'est lui. C'est lui qui m'incite à écraser cette putain de pédale. C'est lui qui m'entraîne.
Mais plus le paysage défile, plus il a mal. Plus je vois ses traits se crisper, la sueur perler sur son front, la douleur envahir son regard. Dois je conduire jusqu'à ce que son corps se convulse, son souffle se rompe et que les battements de son coeur cessent ?
Pour toi .. J'ai pressé la pédale de frein.
Les yeux baignés de larmes, les ongles plantés dans le cuir du volant. Maintenant c'est moi qui ait mal.